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Le blog de Ma Bouquine Liste

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26 février 2026

Retour à la librairie Morisaki, Satoshi Yagisawa (trad. A.-C. Leroux)

 

Le premier roman de Satoshi Yagisawa, La librairie Morisaki, m'avait séduite de par son rythme lent et sa poésie. Et si je craignais d'être quelque peu déçue par sa suite intitulée : Retour à la librairie Morisaki, je vous rassure tout de suite, il n'en fut rien !

 

On retrouve dans ce second opus, les personnages principaux, dont Takako et son oncle, le propriétaire de la librairie, mais également le quartier de Jinbôchô à Tokyo et ses habitués. Takako poursuit son chemin de vie, toujours aussi présente pour sa famille et ses amis, et toujours fidèle à elle-même dans son appréciation des relations humaines.

 

La plume du romancier demeure pleine de pudeur, de douceur et de philosophie. On goûte une nouvelle fois à cette littérature nipponne qui nous enveloppe  comme dans un cocon et dont on n'a aucune envie de s'extraire à la fin. Bref, un deuxième roman tout aussi réussi que le premier.

 

Ed. Hauteville, 2024

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6 février 2026

La librairie disparue, Evie Woods (trad. Rosa Bachir)

Chers lecteurs,

 

Après ce long silence, il me fallait un roman hors du commun pour le retour de petit blog : c'est chose faite grâce à cette pépite.

 

La librairie disparue pourrait dans un premier temps attirer le regard du lecteur de par son titre car nous savons bien que dès que dans un livre il est question d'un temple de la lecture, soit-il une bibliothèque ou bien une librairie, les amoureux des livres ont aussitôt leurs sens en éveil. Mais ce serait tellement réducteur de ne se pencher sur ce roman que pour ça ! 

 

Cette librairie-là nous plonge parallèlement dans deux siècles différents : le XX° siècle et le siècle actuel. De Paris à Londres en passant par Dublin, nous partageons la vie de deux femmes, Opaline et Martha. Deux héroïnes que rien ne semble rapprocher, si ce n'est les travers parfois chaotiques de la vie et... l'existence d'une étrange librairie.

 

Evie Woods a su créer dans cette histoire prenante, un climat à la fois poétique et mystérieux, empreint d'une légère touche de magie. Je ne saurais en dire davantage afin de ne pas en rompre le charme mais je ne peux que vous suggérer de vous laisser envoûter...

 

Ed. J'ai Lu, 2025

Ed. City Editions, 2024

22 avril 2025

Une maison à elles, Geneviève Senger

Après avoir découvert  La Maison Vogel de Geneviève Senger il y a quelques années, je retrouve avec bonheur sa plume et son style avec Une maison à elles.

 

L'histoire se déroule en 1945, au lendemain de la guerre, où chaque personnage panse ses plaies et tente de reprendre une vie à peu près normale sur le domaine familial des Genêts en Normandie. Aurélien Bellanger et son épouse, Mathilde, tous deux rescapés des camps s'efforcent de redonner vie à la propriété mais également à leur amour durement éprouvé par les traumatismes du conflit. Africa, fidèle amie de la famille et enfant adoptée, tout comme Mathilde, vit auprès d'eux. Ce curieux ménage à trois devra conjuguer avec ses divergences d'opinion, ses réactions à fleur de peau et un passé souvent lourd à porter... 

 

C'est un roman où les personnages, tous rescapés de guerre, sont attachants. Chacun semble détenir sa vérité et tente désespérément de redonner un sens à sa vie dans un pays encore en plein chaos, et où les langues n'hésitent pas à échafauder de fausses vérités, rendant les faits encore plus cruels. L'auteure rend le récit d'autant plus prenant que chaque chapitre donne sa parole, à tour de rôle, à l'un des personnages, incitant ainsi à encore plus d'empathie à leur égard. Et le style très fluide offre une lecture aisée et bien agréable. J'ai ainsi passé un excellent moment et j'en profite d'ailleurs pour remercier vivement le service de presse des éditions Calmann-Lévy de m'avoir permis ce regard en arrière sur une période douloureuse mais souvent peu contée, soit celle de l'après-guerre.

 

Editions Calmann-Lévy, 2025 

14 avril 2025

La Symphonie des monstres, Marc Levy

La Symphonie des monstres est seulement le 2ème roman de Marc Levy que je lis, non pas que je n'apprécie pas l'auteur mais plutôt parce que parmi ses 25 romans, je ne sais jamais sur lequel me pencher. Néanmoins, lire celui-ci m'est apparu comme une évidence, car Marc Levy aborde ici un sujet complètement d'actualité : la déportation de milliers d'enfants ukrainiens vers la Russie depuis le début du conflit entre ces deux pays.

 

Ce livre nous raconte ainsi l'histoire d'un double combat car outre l'affrontement militaire qui se déroule sur le terrain, se joue à travers ces pages le combat d'une mère et de sa fille qui tentent de retrouver le jeune Valentyn âgé de 9 ans, qui a été kidnappé dans son établissement scolaire  par l'occupant russe et emmené dans un lieu inconnu en territoire ennemi. En effet, dès lors qu'elles apprendront sa disparition, Veronika et sa fille Lilya (la grande soeur de Valentyn) n'auront de cesse d'enquêter et de mettre en oeuvre les faibles moyens à leur disposition pour retrouver la trace du jeune garçon.

 

A travers cette fiction, Marc Levy met l'accent et dénonce un crime de guerre bien réel et toujours en cours à ce jour, soit la déportation et la "russification" de 20 000 jeunes ukrainiens arrachés à leurs familles et à leur patrie. En décembre 2024, l'ONG Save Ukraine annonçait que seulement un millier d'entre eux avaient pu retrouver leurs parents. "La Russie ne respecte aucune règle internationale et affirme sauver la vie d'enfants orphelins de guerre ou abandonnés. Moscou s'oppose fermement au rapatriement d'enfants ukrainiens depuis la Russie"; (Source : Le Monde 14/12/2024)

 

L'histoire contée est évidemment prenante et la plume de l'auteur aurait pu constituer à elle seule une raison de découvrir ce livre. Cependant, il convient selon moi de le lire car il permet de mieux comprendre une partie de l'enjeu du conflit, pas toujours suffisamment évoquée par les médias internationaux. Merci à Marc Levy donc d'avoir mis sa notoriété et son talent au service de cette cause si révoltante.

 

Ed. Robert Laffon Versilio, 2023

9 avril 2025

La poule et son cumin, Zineb Mekouar

La poule et son cumin est un premier roman, celui de la romancière marocaine, Zineb Mekouar, et je ne mâcherai pas mes mots : c'est tout simplement une pépite !

 

L'histoire nous mène au Maroc dans la vie de deux petites filles, deux amies d'enfance donc, issues de deux classes sociales bien distinctes, et elle nous livrera ensuite ces deux destins croisés jusqu'en 2011. Des années plus tard, devenues adultes, l'une des jeunes femmes partira en France faire Sciences Po afin de poursuivre de longues études, l'autre sera infirmière, dans un pays où la condition féminine n'est pas encore pleinement reconnue.

 

Ce roman brosse ainsi également le portrait d'une société qui divise encore tant elle demeure régie par les règles du patriarcat, le poids de ses traditions et un système politique que peu osent décrier. Le style fluide de l'auteure nous offre ici un très beau récit que j'ai dévoré en trois jours, séduite tant par les personnalités de ces deux héroïnes que par l'apprentissage culturel qu'il m'a offert. Un roman à découvrir sans faute ! 

 

Ed. Points, 2023

Ed. JC Lattès, 2022

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31 mars 2025

L'impossible retour, Amélie Nothomb

J'ai retrouvé ici avec un immense plaisir Amélie Nothomb, qui m'a une nouvelle fois entraînée avec elle dans ce Japon qu'elle aime tant.

 

Accompagnant une amie qui, elle, découvre le pays du Soleil levant, la romancière joue les guides touristiques et nous emmène d'abord à travers le Kansai, à Kyoto notamment, puis jusqu'à la préfecture de Tokyo.

 

J'ai adoré ce roman car je me suis totalement reconnue dans sa perception du peuple japonais, de sa bienséance à outrance et de sa culture. Ayant eu la chance d'être déjà allée par deux fois au Japon, je n'ai pu m'empêcher de me demander si ce livre m'aurait autant plu si je ne connaissais pas le pays... Et la réponse est oui, car le regard de l'auteure est à la fois initiatique et poétique, mais également très réaliste : il oscille entre ce Japon traditionaliste de son enfance qu'elle vénère presque et celui à la société parfois impitoyable, dans laquelle elle n'est finalement pas tout à fait parvenue à se fondre une fois adulte, et qu'elle a d'ailleurs raconté dans son tout premier roman, Stupeur et tremblements. Car c'est bien là tout le dilemme que vit Amélie Nothomb, que celui de vouloir appartenir à une terre dans laquelle elle se sent très profondément enracinée, sans que celle-ci ne le lui rende complètement : triste mais si belle mélodie d'un "je t'aime moi non plus"...

 

En résumé, un roman que j'ai dévoré tellement vite que je vais probablement prendre le temps de relire  plus tranquillement, afin de mieux encore le savourer.

 

Ed. Albin Michel, 2024

24 mars 2025

La Bibliothécaire d'Auschwitz, S. Rubio & L. Aroca (trad. L. Gallot)

J'avais fait le choix de ne pas lire le roman initial d'Antonio Iturbe par crainte d'affronter une énième fois les horreurs des camps de concentration, mais ce roman graphique m'a été offert...  J'ai donc mis du temps avant de me décider à l'ouvrir, sur la pointe des pieds. Or, très vite je me suis retrouvée embarquée dans la vie de la jeune tchèque Edita, personnage central du récit.

L'histoire, je ne vous la raconterai pas pour ne pas nuire à votre découverte. Je vous dirais simplement que la narration est parfaite, le graphisme très éloquent et que je n'ai fait qu'une seule bouchée de cet album. Il est de plus tout à fait adapté à tous publics à partir du collège, restituant fidèlement les faits sans pour autant heurter la sensibilité des plus jeunes de par ses illustrations. Bref, une très belle BD à n'en pas douter.

Ed. Rue de Sèvres, 2022

17 mars 2025

Jacaranda, Gaël Faye

Jacaranda fut sans conteste l'un des évènements marquants de la rentrée littéraire 2024. Mais s'il a retenu mon attention, c'est surtout que séduite par le style de Gaël Faye dans son premier roman intitulé Petit Pays, j'étais vraiment curieuse de le suivre sur ce deuxième opus. Bien m'en a pris, car Jacaranda est une autre pépite à compter à son actif !

 

L'auteur est parvenu à m'emmener une nouvelle fois au Rwanda en nous livrant un ouvrage à double vocation : à la fois un roman mais aussi un document historique.

 

A travers l'histoire de Milan, un jeune franco-rwandais vivant en France mais qui décide un jour de retourner sur la terre de sa famille maternelle, afin de renouer avec ses racines et avec un passé lourd à affronter et à porter, Gaël Faye signe ici une nouvelle fois une oeuvre magistrale, dominée par la beauté de sa poésie. Alors certes, l'indescriptible horreur y est contée, c'est inévitable, mais c'est assurément un roman puissant, porteur d'espoir, plein de sensibilité et de force, qui permet d'aborder et de comprendre le génocide rwandais. C'est également un livre qui permet de ne pas oublier cette terrible page de l'Histoire du pays. Un livre de ceux que l'on n'oublie pas...

 

Ed. Grasset & Fasquelle, 2024

11 mars 2025

Les sillons que l'on trace, Anne-Cécile Suzanne

Un récit autobiographique qui nous entraîne dans la vie d'une jeune femme de vingt ans au parcours académique brillant, mais aussi dans le monde de l'agriculture.

 

Fille d'un agriculteur, Anne-Cécile Suzanne n'était pourtant pas forcément destinée à ce milieu professionnel. Prépa, Sciences Po, sa trajectoire vers les hautes sphères semblait toute tracée jusqu'à la longue maladie, puis le décès de son père. Abandonner le travail de toute une vie, faire abstraction de son profond enracinement à la terre, à la nature et à ses bêtes lui est tout bonnement impossible. Commencera alors un double combat : mener de front ses études et sauver la ferme familiale. Sa pugnacité, son audace et la résilience dont elle fera preuve sont tout simplement incroyables. Dans le récit de ses plus dures années, on serre les dents avec elle, on soufre avec elle et... on l'admire ! 

 

Les sillons que l'on trace est un livre qui décrit également toute la dureté du monde paysan, où chaque jour s'apparente à une bataille. Un livre qui marque tant il est néanmoins porteur d'espoir et de déterminisme ! 

 

J'en profite pour vivement remercier les éditions Mon Poche pour cette belle découverte.

 

Ed. Mon poche, 2025

Ed. Fayard, 2024

26 septembre 2024

Le tournesol suit toujours la lumière du soleil, Martha Hall Kelly (trad. d'Amico & Videloup)

J'avais adoré le premier roman de Martha Hall Kelly, Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux, alors je me suis jetée avec délice sur son troisième roman (oui je sais, j'ai zappé le second mais son tour viendra...), Le tournesol suit toujours la lumière du soleil, et ce fut un rendez-vous vraiment réussi.

 

Ce roman nous plonge dans les Etats-Unis du XIX° siècle, et plus précisément en pleine de guerre de Sécession. On y suit les destins croisés de trois femmes aux origines complètement diverses : Jemma, jeune esclave d'une plantation ; sa propriétaire, l'impitoyable Anne-May et enfin, Georgie, jeune femme de bonne famille devenue infirmière  de guerre et militante anti-esclavagiste.

 

Les parcours de ces trois héroïnes sont entremêlés et à chaque chapitre, on suit l'une d'entre elles, sans pour autant perdre le fil de l'histoire, ni ressentir la moindre confusion quant aux personnages. Et j'avoue que j'ai éprouvé un réel plaisir à me laisser emporter dans ce tourbillon à la Autant en emporte le vent. Tous les ingrédients y sont réunis : faits historiques richement documentés, intrigue bien ficelée, et sentiments bien sûr. Alors, si vous souhaitez vous aussi  avoir la sensation de fouler le sol de ces immenses plantations sudistes, n'hésitez pas !

 

Ed. Pocket, 2023

Ed. Charleston, 2022

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